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Fin juin a eu lieu la première greffe complète du visage.
Voyons aujourd'hui l'histoire de la greffe humaine.
Les types de greffes :
Il existe plusieurs types de greffes suivant l'origine du greffon. Certaines sont plus rare que d'autres :
Pour qu'une greffe fonctionne :
C'est plus compliqué que pour une transfusion de sang, où il suffit d'avoir un donneur avec le même groupe sanguin.
Dans une greffe, le système immunitaire doit aussi être compatible.
Sinon c'est le rejet souvent mortel pour la personne.
À ce jour, l'organe le plus transplanté est le rein.
Les transplantations les plus fréquentes sont les transplantations du rein. On pratique également des transplantations du foie, du cœur, du poumon, du bloc cœur/poumon, du pancréas et plus rarement de l'intestin. On sait également greffer des tissus : cornée, os, valves cardiaques ou vaisseaux sanguins, de la moelle osseuse.
Sur qui sont prélevés les organes ?
À partir d'un donneur en état de mort encéphalique :
C'est un état très différent du coma, puisque le cerveau est définitivement détruit.
La mort encéphalique, définie comme la "destruction du tronc cérébral associée à celle des hémisphères du cerveau", est un état très rare (environ 3000 identifiés en France sur environ 500.000 décès).
Son diagnostic doit être effectué par deux médecins non impliqués dans une quelconque activité de transplantation. La mort encéphalique est déclarée après examen clinique constatant :
À partir d'un donneur vivant :
Une personne en bonne santé a la possibilité de donner un organe de son vivant. C’est le cas par exemple du rein, d’une partie du foie ou très rarement du poumon. On peut en effet vivre en bonne santé avec un seul rein, une partie du foie (car c’est un organe qui se régénère rapidement) ou une partie des poumons.
Ce don n’est possible que si le donneur est majeur et très proche du receveur. La loi de bioéthique fixe la liste des personnes qui peuvent donner un organe de leur vivant. Cette liste est constituée par la famille proche (père, mère, conjoint, frères et sœurs, enfants, grands-parents, oncles, tantes, cousins germains, conjoint du père ou de la mère), ainsi que toute personne ayant vécu pendant au moins deux ans avec le receveur.
Les transplantations issues de donneur vivant les plus fréquentes concernent le rein, le risque pour le donneur étant extrêmement faible. Elles présentent en outre plusieurs avantages pour le receveur : elles fonctionnent en général mieux et plus longtemps que les greffes de rein à partir de donneur décédé. En outre, elles permettent de raccourcir ou de supprimer la période difficile d’attente en dialyse, ce qui comporte des avantages considérables sur les plans familiaux, personnels et professionnels. Pour le foie et le poumon, les risques pour le donneur sont beaucoup plus importants.
Il n'y pas d'age limite pour être donneur.
Sur patient après arrêt cardiaque définitif :
Sous certaines conditions bien précises (contraintes temporelles notamment) les organes (rein, foie, poumon) de personnes en arrêt cardiaque et respiratoire définitif peuvent être prélevés. On sait aujourd’hui que les résultats des greffes de ces organes sont aussi bons que ceux provenant de donneurs en mort encéphalique. Des programmes de ce type ont démarré en France fin 2006. On estime qu'ils pourraient conduire à augmenter d'environ 30% le nombre de greffons disponibles.
Selon le protocole français, anglais et espagnol , le diagnostic d’arrêt circulatoire persistant est évoqué devant la constatation de l’absence d’une reprise d’activité cardiaque au bout de 30 minutes de réanimation médicalisée bien conduite, réalisée sur les lieux de l’intervention. Devant cet échec de la réanimation médicale, le transfert du patient est alors envisagé vers un centre hospitalier et les manœuvres thérapeutiques (ventilation mécanique, massage cardiaque continu) sont poursuivies. Le constat de décès, comportant la constatation d’un arrêt cardiaque irréversible pendant 5 minutes après l’arrêt des manœuvres de réanimation, est effectué en milieu intrahospitalier et l'éventualité d'un prélèvement peut être envisagée. Le prélèvement est alors effectué idéalement le plus tôt possible (le temps entre la constatation du décès et la mise en conditionnement du greffon pour le transport ne devant pas excéder la demi-heure pour le foie, dans l'heure pour les reins).
Le donneur peut être également décédé depuis quelques heures (don de cornée).
Les greffes en chiffres :
En 2007, en France, selon l'agence de biomédecine :
Organes greffés en 2007 sur 4 664 personnes, selon l'agence de biomédecine en France
Le rein est donc la première opération de greffe réalisée en France avec 2 911 patients greffés en 2007, soit 62,4 % des greffes. La greffe d'intestin reste anecdotique avec six interventions réalisées en 2007.
La pénurie d’organes :
Le principal obstacle à la greffe. est le manque persistant d’organes disponibles, malgré la hausse régulière des prélèvements.
Pour combler ce déficit d’organes, deux voies : le prélèvement de nouveaux profils de donneurs et la lutte contre les refus « par précaution ». Aujourd’hui, près d’un prélèvement possible sur trois est refusé. Le refus émane le plus souvent de familles qui, ne connaissant pas la volonté du défunt, préfèrent refuser le don.
De 2000 à 2008, la greffe d’organes a connu un essor sans précédent en France. Malgré une stabilisation constatée en 2009, le nombre de personnes prélevées a augmenté de 46 % et le nombre de greffes de 43 %. Le besoin en greffons ne cesse de croître et le niveau de l’activité ne suffit pas à le couvrir. En 2009, 250 patients sont décédés faute de recevoir un greffon à temps.
L’augmentation des besoins découle en premier lieu du succès de la greffe. Cette technique médicale est en effet de mieux en mieux maîtrisée, avec des résultats en termes de durée et de qualité de vie en constante progression. Les situations dans lesquelles une greffe est recommandée sont de plus en plus nombreuses et diversifiées.
Par ailleurs, le vieillissement de la population favorise les problèmes de santé aboutissant à une greffe.
Chaque année, le nombre de personnes inscrites en liste d’attente progresse. Actuellement, l’attente des patients peut durer des mois, voire des années.
Moins de 1 % des personnes qui meurent à l’hôpital sont en état de mort. encéphalique ; or cette source d’organes représente actuellement près de 94 % des greffes réalisées en France.
L’Agence de la biomédecine soutient donc le prélèvement d’organes sur d’autres catégories de donneurs : les donneurs vivants et les donneurs décédés après un arrêt cardiaque.
Néanmoins, ces pratiques ne permettent pas de venir à bout du problème de pénurie. Elles concernent quasi-exclusivement le rein. Par ailleurs, elles se limitent à des contextes particuliers : le cercle familial du malade pour le don du vivant ; les hôpitaux qualifiés et équipés pour le prélèvement après un arrêt cardiaque mortel.
Toutes les sources de greffons doivent donc être utilisées au meilleur de leur possibilité.
S’agissant des défunts en état de mort encéphalique, le recensement plus systématique des donneurs potentiels dans les différents services hospitaliers a permis une progression sensible des prélèvements ces dernières années. En 2009, 3 081 défunts susceptibles d’être prélevés ont été signalés par les équipes médicales, soit une hausse de 53 % par rapport à 2000.
Tous les défunts en état de mort encéphalique qui sont recensés dans les services hospitaliers ne sont pas prélevés. En 2009, seuls 48 % l’ont été.
Pourquoi cet écart ?
Certains défunts prélevables ne peuvent être prélevés pour des raisons médicales ou logistiques. Pour d’autre, le prélèvement est refusé. Soit par le défunt lui-même, qui s’était inscrit au registre national des refus ou qui avait signalé son opposition à ses proches. Soit par la famille qui, faute d’information sur le choix du défunt, refuse le prélèvement d’organes sur leur proche.
Actuellement, près d’un prélèvement possible sur trois est refusé.
Les étapes du prélèvement :
Elles sont indiquées sur ce site : http://www.dondorganes.fr/-La-chaine-du-prelevement-a-la-.html
En savoir plus sur le pourquoi des greffes :
http://www.ledonlagreffeetmoi.com/
Histoire de la greffe :
Dès le 3ème siècle, on peut trouver des fresques représentant les premières scènes de greffes, mais principalement de membres tels que des jambes, ou des bras.
C’est vers 1906 que les premières greffes d’organes ont lieu; mais elles se soldent toutes par des échecs entraînant la mort du « cobaye humain ». Mathieu Jaloubay, Français, fait les toutes premières greffes de reins de porcs ou de chèvres, qui échouent: les patientes atteintes d’insuffisances rénales meurent en quelques jours[réf. nécessaire]. Ces échecs permettent de découvrir un des principaux obstacle de la greffe : le rejet. L'origine de ce dernier a été attribuée à un problème immunologique dès les années 1950. Les premières tentatives pour pallier ce problème consistaient à réaliser une irradiation de l'organisme receveur, conduisant à la destruction quasi totale des cellules immuno-compétentes et permettant une acceptation prolongée du greffon. Différents médicaments anti-rejets furent testés par la suite, dont les corticoïdes, la mercaptopurine en 1959, puis l'azathioprine en 1961, permettant d'effectuer des transplantations chez l'homme sans recours à l'irradiation.
Le 7 décembre 1905 a eu lieu la première greffe de cornée avec succès, par le docteur Eduard Zirm (1863-1944). Le donneur était un jeune garçon de 11 ans devant subir une énucléation d'un œil blessé mais à la cornée intacte.
D'autres tentatives ont été décrites précédemment mais aboutissant à des échecs.
La première transplantation rénale a eu lieu en 1952 sur le jeune Marius Renard par l'équipe de Louis Michon à l'Hôpital Necker à Paris, les suites néphrologiques étant assurées par Jean
Hamburger. Le jeune homme mourut 21 jours plus tard.
La première transplantation de foie a eu lieu en 1957 par le docteur Martinez
La première transplantation de moelle a été faite en 1957 par Thomas
La première transplantation cardiaque a eu lieu en 1967 par le professeur Christian Barnard en Afrique du Sud. La survie n'a été alors que de 18 jours. En France, on peut citer le cas
d'Emmanuel Vitria qui vécut avec une telle transplantation de 1968 à 1987.
La première greffe de moelle osseuse a eu lieu en 1968.
1979 : première greffe de trachée. En 2005, première greffe à l'aide d'un segment d'aorte. En 2008, une nouvelle greffe de trachée est effectuée en Espagne, le greffon étant la trachée d'un
donneur préparé de telle sorte qu'il ne soit plus nécessaire d'avoir un traitement immunosuppresseur.
La première transplantation du poumon a eu lieu en Belgique en 1968.
La première greffe de larynx réussie a eu lieu en 1998 par le Pr Marshall Strome (Cleveland, Ohio) sur le patient Timothy Heidler qui a ainsi recouvré l'usage de la parole. Il s'agit de la
première greffe d'organe non essentielle à la survie.
La première double transplantation de mains (avec avant-bras) a eu lieu en janvier 2000 (Pr. Dubernard).
En 2003 eu lieu la première transplantation de langue (anatomie) à Vienne.
La première transplantation partielle de visage a eu lieu au CHU d’Amiens par les équipes de Bernard Devauchelle et Jean-Michel Dubernard en novembre 2005 sur Isabelle Dinoire.
En 2006, la première transplantation de pénis est effectuée à l'hôpital de Guangzhou (Chine) par l'équipe du docteur Weilie Hu. En dépit de l'absence de signes de rejet, le patient a demandé l'ablation du greffon après 14 jours.
En 2008, le 1er août, la première transplantation de deux bras entiers a été réalisée en Allemagne à la clinique universitaire de Munich, par une équipe de 40 personnes sous la direction des
professeurs Christoph Hijhnke et Edgar Biemer.
En 2009, le 4 et 5 avril, une greffe simultanée du visage et des mains sur un homme brûlé lors d'un accident est réalisée à l'hôpital Henri Mondor de Créteil. Les greffes sont dirigées par le
professeur Laurent Lantiéri et le docteur Jean-Paul Méningaud pour la greffe du visage, et par le docteur Christian Dumontier pour la greffe des mains.
Exploit 2010 : Première mondiale : une greffe totale du visage réalisée en France
Cette première mondiale a été effectuée à la fin du mois de juin à l’hôpital Henri Mondor de Créteil. Le patient, Jérôme, un homme de 35 ans, atteint d’une
maladie génétique qui lui déforme le visage a subit une greffe totale.
L’équipe du professeur Laurent Lantiéri a transplanté sur cet homme l’ensemble du visage d’une personne décédée, bouche et paupières comprises.
C’est d’ailleurs la première fois que l’ensemble du système lacrymal est greffé sur un patient. Une première rendue possible par les précédentes opérations
réalisées par les équipes du professeur Lantiéri.
L’intervention s’est bien passée. Jérôme va très bien, en découvrant son nouveau visage "il a levé les deux pouces en l’air" a expliqué le professeur Lantiéri. Depuis
son opération, il y a 15 jours, le patient marche, mange et parle. De la barbe a déjà commencé à repousser.
Comme pour toute greffe, les risques de rejet existent. L’aspect psychologique a également son importance. Jérôme sera suivi même si aujourd’hui on sait que le nouveau visage prend les formes de l’ossature du receveur.
Cette nouvelle avancée offre un espoir pour les grands brûlés notamment. Laurent Lantiéri a expliqué avoir reçu une autorisation pour cinq autres greffes. Il rappelle d’ailleurs l’importance du don d’organe. "Sans don, il n’y a pas de greffe".
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